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UrologieAnalyse physiqueL'analyse physique de l'urine se fait aisément et rapidement. Elle ne permet à elle seule aucun diagnostic final, ce n'est qu'en association avec les examens chimiques et microscopiques qu'elle devient valable. L'examen physique inclut l'évaluation de: La couleur de l'urine normale va de transparent à jaune foncé. Cette coloration jaune provient principalement du pigment urochrome, d'une faible quantité d'urobiline non-combinée et d'uroérythrine.1,17. Ces pigments sont excrétés de façon constante dans l'urine, leur concentration reflète alors la production d'urine. Une urine de couleur rouge est une raison importante de consultation. Cette coloration n'est évidemment jamais normale. Trois facteurs peuvent collaborer à un tel aspect: le sang entier, l'hémoglobine et la myoglobine, et il est impossible macroscopiquement de les différencier. L'hématurie ne peut être confirmée qu'à la suite de l'observation au microscope de globules rouges dans le sédiment urinaire. Comme ces érythrocytes peuvent originer de n'importe quel endroit du tractus génito-urinaire, le mode de prélèvement de l'urine est très important à considérer. Un échantillon récolté par miction naturelle ne pourra pas établir l'origine de la perte sanguine, la cystocenthèse sera donc plus indiqué. La cystocenthèse ne pourra infirmer une participation rénale à cette perte sanguine mais elle éliminera cependant le système génital et le tractus urinaire distal (à moins évidemment qu'il y ait deux problèmes). Les causes d'hématurie sont multiples. Elles peuvent originer du rein (Leptospirose aiguë, nécrose tubulaire aiguë, glomérulopathie) de la vessie (urolithes, néoplasme, inflammation), du tractus génital (inflammation surtout) et de problèmes de coagulation (thrombocytopénie, Warfarin) pour ne nommer que les plus fréquents. La présence d'hémoglobine est une autre cause de coloration rouge de l'urine. Elle origine d'une lyse des globules rouges alors qu'ils sont en circulation sanguine ou dans la vessie (donc hématurie). Ainsi une anémie hémolytique résultera en une hémoglobinurie seulement si l'hémolyse est intravasculaire et que la vitesse de production de l'hémoglobine dépasse la capacité de fixation de l'haptoglobine.1 Donc une hémolyse intravasculaire résultera en un plasma coloré rouge alors qu'une hémolyse dans la vessie présentera un plasma de couleur normal. De plus la présence d'une anémie qui s'accompagne d'une hémoglobinurie est très suggestive d'une hémolyse intravasculaire. Les anémies hémolytiques intravasculaires sont peu fréquentes, elles incluent des causes bactériennes et parasitaires tel que Leptospira et Babesia respectivement, des hémolyses à médiations immunitaires comme des réactions post-transfusions, des hémolyses à la suite d'ingestion d'agent oxydant (formation de corps de Heinz et dans certain cas hémolyse intravasculaire) comme l'acétaminophen (surtout le chat), les oignons, le naphtalène (boule à mites) et le zinc.4,11 L'administration d'une fluidothérapie hypoosmolaire provoquera aussi une hémolyse intravasculaire. Une hémoglobinurie doit être corrigée rapidement car ces pigments sont néphrotoxiques.11 La myoglobinurie est une autre cause de coloration rouge. Elle est difficile à différencier de l'hémoglobinurie, on peut cependant mentionner que la myoglobine est éliminée dans l'urine assez rapidement pour ne pas causer une coloration du plasma.1,11 Les bâtonnets commerciaux ne distinguent pas l'hémoglobine de la myoglobine.1 La myoglobinurie dénote une atteinte musculaire et elle est observée lors d'électrocution, de coup de chaleur, de convulsion prolongé (status epilepticus) et chez les animaux accidentés (crush injury). Les Lévriers entraînés pour la courses pourront manifester une myoglobinurie à la suite d'un parcours inhabituellement long.1 Ces pigments sont eux-aussi très toxiques pour les reins. D'autres causes moins fréquentes mais qui donneront une teinte rouge à l'urine sont la porphyrinurie chez les chats (siamois et domestique à poils longs) souffrant de porphyrie congénitale (très rare), le BSP utilisé comme test de fonction hépatique (peu utilisé) et le Phénytoin qui est utilisé comme anticonvulsivant.1 D'autres colorations sont aussi possibles. Une urine de couleur blanche peut être associée à du pus ou de la chyle. Une coloration brune à noire, à de la mélanine, de la methémoglobine ou de la myoglobine. Une coloration orange à jaune très foncé, à de la bilirubine, une urine très concentré ou du Rifampin. Il existe évidemment d'autres colorations plus rares telles la couleur bleu observée à la suite de l'ingestion de bleu de méthylène et une couleur verte suite à la transformation de la bilirubine en biliverdine dans un échantillon ayant subit un délai d'analyse ou lors d'infections urinaires à Pseudomonas aeruginosa. Aucun diagnostic définitif ne peut évidemment être porté avec ce seul paramètre. Une urine normale devrait être transparente. Ainsi une urine trouble accompagne souvent une quantité importante de leucocytes. évidemment les leucocytes peuvent originer de n'importe quel endroit du tractus génito-urinaire si l'échantillon est prélevé par miction naturelle. Une cystocenthèse est alors la meilleure option. D'autres causes de turbidité s'explique par la présence de cristaux en suspension, de microorganismes (bactéries et levures) ainsi que par des sécrétions naturelle comme du mucus, du liquide prostatique et du sperme. L'examen microscopique du sédiment urinaire est essentiel à l'explication de la turbidité. Concentration en soluté (densité) La densité urinaire est très importante et elle doit être effectuée lors de chaque analyse. Elle se définit comme le ratio du poids de l'urine sur le poids d'un volume égal d'eau pur, les deux liquides étant à la même température.17 Elle permet de déterminer la capacité de concentration et de dilution des tubules rénaux et elle est absolument nécessaire pour l'interprétation des autres analyses effectuées sur l'urine. Par exemple la présence de 1,0 g/L de protéines est beaucoup plus significative lors d'une densité urinaire à 1,012 qu'à une densité urinaire de 1,050. La concentration en soluté peut être évaluée à l'aide d'un osmomètre (osmolalité), d'un urinomètre (gravité spécifique) ou d'un réfractomètre (indice de réfraction).17 La technique la mieux adaptée à la clinique privée est celle du réfractomètre. L'index de réfraction se définit comme le ratio de la vélocité de la lumière dans l'air sur la vélocité de la lumière dans une solution. L'urine contient des solutés qui vont absorber la lumière à différentes longueurs d'ondes ce qui va modifier la course du rayon lumineux. C'est l'angulation de ce rayon de lumière mesurée par le réfractomètre qui donnera une estimation de la densité urinaire. La densité urinaire doit être effectuée sur le surnageant seulement. Ainsi la densité sera faussement élevé si il y a présence de dextran ou de milieu de contraste dans l'urine.20 L'hémoglobinurie et la myoglobinurie, à cause de la coloration rouge qu'elle provoque, augmenteront faussement la densité urinaire. Il est aussi possible d'évaluer la densité urinaire au bâtonnet chimique, mais cette méthode est peu précise et sujette à l'erreur. Ainsi il pourra y avoir une fausse diminution lorsque l'urine est alcaline et une fausse augmentation lorsqu'il y a une protéinurie supérieure à 1g/L ou du milieu de contraste dans l'urine.20 Chez le chien et le chat, la corrélation entre le bâtonnet et le réfractomètre est faible.1 La densité urinaire doit être évaluée avant qu'un traitement soit initié car les fluides, les diurétiques et les corticostéroïdes peuvent modifier cette densité. La densité de l'urine comparativement à la densité du plasma peut être supérieure (hyperosmolaire), identique (isoosmolaire) ou inférieure (hypoosmolaire). Ainsi une densité urinaire élevée est un indice que l'urine est très concentrée probablement parce que l'organisme à besoin de conserver son eau, de tels conditions impliquent de la déshydratation, des pertes de sang internes ou externes, une diminution du débit cardiaque lors d'insuffisance cardiaque, un état de choc, etc... L'évaluation d'une seule densité urinaire ne permet aucun diagnostic car cette densité peut varier beaucoup pendant la journée, elle est influencée par l'équilibre électrolytique de l'animal ainsi que par son alimentation (Voir Tableau 1).17 Une densité urinaire faible est observée lorsqu'il y a fluidothérapie, polyurie/polydipsie (PU/PD) ou insuffisance rénale. Les causes de PU/PD sont nombreuses, l'insuffisance rénale chronique étant la plus fréquente chez le chien et le chat.6 D'autres causes communes incluent l'hyperadrénocorticisme chez le chien et l'hyperthyroïdisme chez le chat.6 La densité urinaire d'un animal PU/PD doit être inférieure à 1,030.4,6 Si ce n'est pas le cas, il est alors peu probable que l'animal soit réellement PU/PD. Une urine très diluée (inférieure à 1,007) est observée chez des animaux qui reçoivent une fluidothérapie intense, qui souffre de diabète insipide (central ou néphrogénique), de polydipsie primaire ou de tout autre problème interférant avec l'ADH (tel que l'hyperadrénocorticisme ou un pyomètre, deux maladies fréquentes).6 Un diagnostic de diabète insipide ne peut être posé qu'à la suite d'un test de privation d'eau dont les étapes auront été suivit à la lettre. L'insuffisance rénale chronique se manifeste par une densité urinaire faible car le rein perd sa capacité de concentration lorsque le deux-tiers de ces néphrons sont détruits.13 Un chat atteint d'insuffisance rénale chronique aura une densité urinaire inférieure à 1,035 alors qu'un chien aura une densité urinaire inférieure à 1,030, ceci en combinaison avec une augmentation de l'urée et de la créatinine sanguine à la biochimie.1,17 La créatinine et l'urée augmentent seulement lorsque la fonction rénale est lésée à 75%.13 Un animal en insuffisance rénale chronique manifestera donc plus rapidement une urine diluée que de l'azotémie. |
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