Chaire de recherche en salubrité des viandes
Université de Montréal

Bactériothérapie fécale chez le porcelet

Preuve de concept

Contexte :

L’association entre le débalancement du microbiote intestinal humain et certaines maladies n’est plus à faire. Avec le développement des nouvelles technologies de séquençage à haut débit, il a également été possible d’associer, chez le porc, le développement du microbiote intestinal à la santé des animaux. En effet, le microbiote intestinal stimule l’immunité de l’animal, protège contre la colonisation des pathogènes, fermente certains nutriments indigestes et produit des vitamines. Le microbiote intestinal du porc évolue constamment, de la mise bas jusqu’à l’engraissement. Il peut être modulé par des stratégies alimentaires. Par exemple, chez le porcelet nouveau-né, il a été démontré que l’administration de probiotiques augmente les performances des animaux en post-sevrage, suggérant qu’une modification précoce de la microflore des porcelets peut avoir une incidence bénéfique à long terme. Il est également possible de modifier le microbiote par transfert direct entre individus. Par exemple, chez l’humain, il a clairement été démontré que le microbiote intestinal de personnes en santé peut être transféré entre sujets et permet de guérir les patients souffrant d’infection chronique à Clostridium difficile. Chez le porc, il a été démontré qu’un microbiote intestinal humain peut s’établir efficacement après transplantation. Par contre, il n’a pas encore été observé que le microbiote d’un porcelet peut être transféré à un autre porcelet. Une telle transplantation pourrait contribuer à améliorer la diversité du microbiote intestinal des porcelets d’une même portée en vue de maximiser leur santé pré-sevrage et post-sevrage. Le premier objectif de ce projet sera d’identifier les porcelets qui seront les donneurs de microbiote, de recueillir, de conserver et d’établir le profil du transplant. Le second objectif sera d’administrer ce transplant à des porcelets naissants et de comparer, tout juste avant le sevrage, leurs performances et leurs microbiotes intestinaux à ceux des animaux du groupe témoin. Si le microbiote transplanté s’établit à long terme dans le tube digestif des animaux receveurs et qu’il permet d’uniformiser le gain de poids des animaux, les éleveurs auront une option facile et économique d’augmenter la performance de leur élevage et de produire des porcelets plus robustes sans l’usage d’antibiotiques comme facteurs de croissance. Ces données pourraient mener vers la définition d’un transplant bactérien idéal qui pourrait mener à une application commerciale et à de nouvelles études portant sur la caractérisation de la protection du transplant contre les infections virales et bactériennes des porcelets nouveau-nés et post-sevrage.

Hypothèse :

L’administration de bactéries, extraites du tube digestif de porcelets dits performants, augmentera la diversité et l’homéostasie de leur microbiote intestinal et ainsi que leur performance tout juste avant le sevrage

Objectifs :

  • Identifier les porcelets qui seront les donneurs de microbiote, de recueillir, de conserver et d’établir le profil du transplant.
  • Administrer ce transplant à des porcelets naissants et comparer les performances de croissance, les microbiotes intestinaux et l’immunité intestinale avec ceux d’animaux contrôles.
  • Comparer le microbiote intestinal  et l’immunité intestinale de porcelets élevés à l’extérieur avec ceux d’animaux contrôles élevés dans le complexe porcin.

Équipe de recherche incluant le support technique et les soins aux animaux :

Martin Lessard, Centre de R&D de Sherbrooke – AAC
Nicolas Devillers, Centre de R&D de Sherbrooke – AAC
Josée Harel, Faculté de médecine vétérinaire – U. Montreal
Philippe Fravalo, Faculté de médecine vétérinaire – U. Montreal
Alexandre Thibodeau (post-doct),  Faculté de médecine vétérinaire – U. Montreal
Luca Lo Verso (post-doct),  Centre de R&D de Sherbrooke – AAC
Mylène Blais (post-doct),  Centre de R&D de Sherbrooke – AAC
Karoline Lauzon (technicienne),  Centre de R&D de Sherbrooke – AAC
Mélanie Turcotte et animaliers  du complexe porcin, Centre de R&D de Sherbrooke – AAC