Chaire de recherche en salubrité des viandes
Université de Montréal

CRSNG – Pathogènes alimentaires porc

Stratégies de contrôle des pathogènes alimentaires du porc

Contexte de l’étude : Les mesures actuelles de lutte contre les pathogènes alimentaires dans la viande de porc sont concentrées en abattage et en transformation, avec l’application des normes HACCP. Il s’avère toutefois que le statut d’un animal à son entrée à l’abattoir est primordial quant aux probabilités de contamination de la viande par ces pathogènes et ceci a été particulièrement bien établi dans le cas de Salmonella. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les principaux pathogènes en émergence sont Salmonella spp., Campylobacter spp., E. coli shigatoxinogènes (ou vérotoxinogènes), Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM) ainsi que Cryptosporidium parvum et certains virus tels le virus de l’hépatite E et Norwalk. Au niveau national et depuis quelques années, des programmes de salubrité ont vu le jour et sont appliqués en industrie. Ces programmes, basés sur les normes HACCP, reposent sur le contrôle des dangers biologiques, chimiques et physiques à la ferme. Malgré l’efficacité de ces programmes, certains dangers subsistent, dont la réduction est la ligne directrice de ce programme de recherche.

Proposition de recherche : Ce volet de recherche est dédié au contrôle des principaux agents pathogènes d’intérêt zoonotique chez le porc, notamment au niveau de leur surveillance épidémiologique et de leur caractérisation. Ce volet comprend deux parties :

  1. 1) la caractérisation phénotypique et génotypique de souches de Staphyloccocus aureus résistantes à la méthicilline (SARM) chez des porcs, en comparaison avec des souches humaines;
  2. 2) le contrôle des salmonelles en élevages reproducteurs d’une part, et l’amélioration de la santé globale des porcs d’autre part. Pour ce faire, diverses stratégies de contrôle incluant l’emploi d’alternatives aux antibiotiques et la vaccination seront développées et validées.

1- Caractérisation phénotypique et génotypique de souches de Staphyloccocus aureus résistantes à la méthicilline (SARM) chez des porcs, en comparaison avec des souches humaines

Contexte de l’étude : Les SARM d’origine porcine sont en train de devenir un problème de santé publique mondial. Par ailleurs et dans divers pays, des SARM ont émergé chez l’humain, sous forme d’infections cutanées invasives. Ces souches, acquises au niveau communautaire, sont dites « community-acquired SARM ». Dans ce nouveau contexte, la colonisation et les infections dues aux SARM chez les animaux domestiques présentent un intérêt tout particulier, la question qui se pose étant celle de la dissémination possible entre animaux et humains.

Actuellement, la fréquence et la nature des souches de SARM au niveau des abcès cutanés et des nasaux des porcs, tant au niveau des fermes que des abattoirs ne sont pas documentés au Canada. Au cours de l’abattage d’animaux positifs aux SARM, la contamination de l’environnement et des carcasses peut se produire et il existerait un risque lié à la contamination directe de la viande, risque que nous nous proposons d’évaluer.

Proposition de recherche : La démarche de recherche consistera à analyser la fréquence et la caractérisation des souches de SARM retrouvées chez les porcs à la ferme et à l’abattoir, et de comparer leur profil génotypique à celui de souches isolées de cas humains. L’objectif final étant d’évaluer le risque que posent les SARM retrouvés chez le porc (au niveau d’abcès par exemple) et pouvant contaminer la viande de porc, pour la santé humaine.

Étudiants :

Michael Beaudry-Ferland, maitrise, 2012, (directrice Marie Archambault, co-directrice Ann Letellier)

Geneviève Pelletier Jacques, maitrise, 2012, (directrice Marie Archambault, co-directrice Ann Letellier)

 

2- Contrôle des salmonelles en élevages reproducteurs et amélioration de la santé globale des porcs

Contexte de l’étude :

Depuis quelques années, la filière porcine canadienne fait face à une augmentation de la prévalence des salmonelles en élevage, avec un taux d’élevages contaminés de l’ordre de 40%. Une problématique additionnelle est l’émergence de l’antibiorésistance de certaines souches comme Typhimurium DT 104 . Ce sérotype, retrouvé chez le porc est celui qui, au niveau mondial, est le plus souvent identifié dans les cas de salmonelloses humaines, associé notamment à des cas sévères de colites nécrotiques.

Depuis 1999, les chercheurs de la CRSV ont axé leurs recherches sur l’épidémiologie et la maîtrise des salmonelles, y compris à la ferme. L’analyse des sources de contamination par Salmonella des élevages canadiens montre que les animaux entrants sont une source importante d’introduction de nouveaux sérotypes, y compris des souches septicémiques. Par une caractérisation génétique des micro-organismes retrouvés, il a été déterminé que le contrôle et le dépistage des animaux de reproduction est crucial si l’on veut éviter l’introduction de nouveaux sérotypes dans une production intégrée. Cette démarche fait partie du programme de recherche.

En outre, et pour éviter que les animaux contaminés ne transportent la bactérie jusqu’au moment de l’abattage, il est nécessaire de lutter efficacement contre ce pathogène à la ferme, non seulement par la mise en œuvre des bonnes pratiques de production incluant la biosécurité, mais aussi par le développement de stratégies de contrôle spécifiques.

L’emploi de stratégies alternatives, qui font appel à des produits naturels, (huiles essentielles, acides organiques) à l’encontre des salmonelles et autres pathogènes à la ferme, est donc une urgence dans le contexte actuel de retrait potentiel des antibiotiques comme facteurs de croissance en élevage. Au-delà de l’effet de la maîtrise de Salmonella, l’évaluation de ces alternatives inclura l’appréciation de leur impact sur l’équilibre de l’écosystème intestinal.

De plus, un vaccin sous-unitaire, à base de microsphères, a été élaboré par l’équipe de la CRSV et ce vaccin a démontré une efficacité à réduire les signes cliniques associés à la salmonellose chez le porc. Des études complémentaires par rapport à ce vaccin sont prévues dans le cadre du programme de recherche étant donné son potentiel de protection encourageant, ses caractéristiques intéressantes car il est dépourvu de tout pouvoir infectieux, et son administration facile (par voie orale).

Proposition de recherche : Elle portera sur : a) l’identification des sources d’introduction de Salmonella au niveau de quelques élevages reproducteurs sélectionnés et sur le suivi périodique des truies et porcelets négatifs (au niveau de 3 provinces canadiennes) et b) l’évaluation de certaines alternatives à l’utilisation d’antibotiques : 1) additifs alimentaires tels qu’une combinaison d’acides organiques et d’huiles essentielles, ou de la poudre d’œufs; utilisation de moulée texturée (mash feed); 3) immunisation passive avec de la poudre d’œufs renfermant des anticorps contre divers pathogènes; 4 ) immunisation active avec un vaccin sous-unitaire multivalent (à l’encontre de Salmonella et de S. suis).

Étudiants

Jessie Longpré, maîtrise, 2013, directrice Ann Letellier, codirecteurs Philippe Fravalo et John Fairbrother 

Philippe Lebel, PhD, directeur Philippe Fravalo, codirectrice Ann Letellier

Guillaume Larivière-Gauthier, PhD, directeur Philippe Fravalo, codirecteur Ann Letellier

Rodolphe Obeid, chercheur postdoctoral, dépôt de brevet en cours, 2013 (directrice Ann Letellier, codirectrices Sylvette Laurent-Lewandowski and Martine Boulianne)

Alexandre Thibodeau, chercheur postdoctoral, directrice Ann Letellier