Martine Boulianne

Professeure titulaire (coordonnées)


Formation universitaire

  • D.M.V., Université de Montréal (1987)
  • Ph.D., Université de Guelph (1991)
  • Diplômée de l'American College of Poultry Veterinarians (1992)

Activités professionnelles

  • à venir

Intérêts professionnels

  • à venir

 

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  • Régie d'élevage des poulets au Québec : M. Bouliannne répond aux affirmations de l'organisme PETA, instigateur d'un boycott de la chaîne PFK (D'un soleil à l'autre, 13 janvier 2003, première chaîne de la SRC.
  • La maladie de NewCastle vélogène frappe des pondeuses en Californie.
    C’est face à des épidémies que l’on réalise à quel point les principes de biosécurité sont importants… Alors qu’en octobre dernier une cinquantaine de troupeaux d’oiseaux de basse-cour dans la région de Los Angeles avaient été mis en quarantaine suite à la découverte de la maladie de NewCastle vélogène et que les autorités semblaient très optimistes quant à leur capacité à gérer ce petit foyer épidémique, aujourd’hui la réalité est tout autre… En effet, la maladie s’est transmise à une douzaine de troupeaux commerciaux de poules pondeuses, plus de 2,4 millions d’oiseaux ont été éradiqués, environ 2,000 personnes font littéralement du porte-à-porte afin de tester tout ce qui possède des plumes, plus de 10,189 sites ont été mis en quarantaine et parmi ceux-ci, 1,772 ont été diagnostiqués positifs et ont été ou seront éliminés (statistiques en date du 13 février 2003). La maladie touche principalement huit comtés du sud de la Californie, mais elle a aussi été diagnostiquée au Nevada et en Arizona.

    En 1971 la Californie avait déjà vécu une pareille épidémie et à cette époque, près de 12 millions d’oiseaux avaient été abattus au coût de 56 millions de dollars. A ce jour, l’épidémie actuelle a déjà coûté à la Californie seule plus de 35 millions de dollars… La Californie est le plus important état producteur d’œufs avec plus de 30 millions de pondeuses. Les répercussions sur l’industrie sont donc immenses mais on ignore encore les risques réels pour l’industrie de la chair. Des mesures de surveillance et de détection ont tout récemment débuté dans la vallée centrale, là où l’essentiel de la production avicole se situe. 

    La maladie de NewCastle vélogène est une maladie mortelle très contagieuse qui affecte toutes les espèces aviaires. Cette maladie est tellement virulente que bien souvent les oiseaux meurent avant même de démontrer des signes cliniques et un taux de mortalité de presque 100% peut survenir dans les élevages non-vaccinés, quoique même des oiseaux vaccinés peuvent y succomber. Le virus s’attaque aux systèmes respiratoire, nerveux et digestif et si la mortalité n’est pas subite, on observera des signes de détresse respiratoire, de la diarrhée, divers signes nerveux, une chute de ponte quasi complète et de l’œdème de la tête. La maladie se transmet très rapidement entre oiseaux, mais les excrétions contenant de grandes quantités de virus, celui-ci est facilement transmis via différents vecteurs mécaniques; vêtements, bottes, équipements, véhicules, etc… Le virus survit très bien dans l’environnement mais est sensible à la sécheresse et aux rayons ultraviolets.

    Dans un cas pareil, on peut se demander quelle est la source de la maladie. Pour l’instant, les autorités soupçonnent que des oiseaux infectés ont été illégalement importés du Mexique. Ces oiseaux auraient par la suite rejoint des élevages de basse-cour destinés aux batailles de coq, une pratique illégale mais répandue en bordure de cette frontière. Un des problèmes à la source de la transmission de l’infection s’avère être la rapidité du diagnostic, les propriétaires de ces basse-cours ayant peu de moyens financiers et ne consultant leurs vétérinaires qu’après la perte de plusieurs dizaines de leurs oiseaux. Voilà pourquoi toutes les expositions et foires avicoles ont été annulées et que tous les oiseaux et les produits dérivés, à l’intérieur des huit comtés sud-californiens, ont été mis en quarantaine. Toute violation de cette quarantaine peut entraîner des peines pouvant aller jusqu’à 25,000$.

    Voici donc en résumé, la description d’un problème de taille. Il est à noter que cette maladie a été diagnostiquée au Canada au cours des dernières années chez des cormorans à aigrette. Nul n’étant à l’abri de telles catastrophes, on ne peut donc rappeler que l’importance de l’observation des règles de biosécurité, Et si vous devez voyager dans ces états, nous vous invitons à la plus grande prudence.

    Février 2003

 



 

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