De quelle façon le monitoring d’un chat hyperthyroïdien devrait se faire lors d’une chirurgie demandant une anesthésie générale ?


Trop souvent négligée dans les pratiques privée, le monitoring anesthésique adéquat d’un animal revêt une très grande importance lors de conditions pathologiques telles que l’hyperthyroïdisme. Voici brièvement des points précis sur lesquels mettre de l’emphase lors du processus d’anesthésie (incluant la pré et post anesthésie).

· Affecte les systèmes cardiovasculaires, respiratoire, rénal et hépatique.

· Il est important de vérifier le cœur (l’organe affecté le plus important) par auscultation, ECG et un écho.

· Lorsqu’un chat hyperthyroïdique doit être anesthésié, il est important de stabiliser au préalable le niveau de T4 afin de le rendre euthyroïdien (un traitement au méthimazole à des doses de 10-15 mg/jour sera administré). Ce traitement permettra d’obtenir des niveaux de T4 dans les normales ou plus basses en 2-3 semaines. Une T4 un peu plus basse n’est pas alarmant puisque les niveaux de T3 demeurent dans les normales. De plus, il est important de vérifier la présence d’effusion pleurale et si c’est le cas, un traitement aux diurétiques est instauré. Quand le taux d’hormone thyroïdienne est contrôlé avant la chirurgie, les signes cardiovasculaires sont, pour la majorité, éliminés.

· Lors de la pré-médication et l’induction, il faut éviter l’hyperexcitabilité de l’animal qui amènerait la relâche de catécholamines et, donc, un effet arythmogène direct sur le cœur. De plus, les catécholamines prédisposeraient à la détresse respiratoire et, puisque ces chats sont dans un état de faiblesse musculaire relatif vu l’augmentation du catabolisme corporel, les prédisposer à de l’hypoventilation durant l’anesthésie. Cela augmenterait la pCO2 ce qui prédisposerait également aux arythmies cardiaques.

· L’induction devrait être de courte durée et faite aux injectables (le faire au masque amène une relâche de catécholamine suite au stress). L’utilisation de thiobarbituriques est intéressante (pas de stress, effet antithyroïdien), mais sensibilise le cœur aux arythmies :ils sont donc utilisés en association avec l’ACP. Le propofol et l’étomidate s’avèrent également des avenues intéressantes (induction rapide).

· L’intubation devrait se faire en utilisant de la lidocaïne sur les arythénoïdes pour éviter une relâche de catécholamines supplémentaires.

· Faire attention à la température corporelle, car les chats hyperthyroïdiens sont maigres et ont une masse corporelle diminuée à cause du catabolisme accru. Associé à un ratio surface/poids élevé d’un chat normal, la perte thermique sera plus importante.

· Une seringue de propanolol (0,01-0,05 mg/kg) devrait être préparée et donnée en cas d’apparition de dysrythmies durant l’anesthésie.

· Les fonctions rénales des chats hyperthyroïdiens sont modifiées On observera également de la PU/PD et un mauvais fonctionnement rénal qui est commun pour ces chats (42% de ces animaux sont azotémiques). De là l’importance d’instaurer une bonne fluidothérapie durant l’anesthésie. Si le ratio BUN/CRÉAT est élevé, l’infusion de petites doses de dopamine peut être donné. Enfin, si l’animal est hypotendu, un traitement agressif doit être instauré.

· Lors d’augmentation de la T4 circulante, on observe l’augmentation d’un ou plusieurs des paramètres suivants : ALP, AST, ALT et LDH. Ces changements sont principalement dus à une augmentation de la consommation d’oxygène corporelle tandis que le débit cardiaque demeure pratiquement inchangé.


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