Quelles sont les agents anesthésiques contre-indiqués lors de lipidose hépatique?
(Claude Beaudoin, Caroline Carrier, Véronique Paquin)
PRÉMÉDICATION:
Phénothiazines: à éviter.
Les phénothiazines causent de lhypotension due à une vasodilatation périphérique et entraînent donc une diminution de perfusion hépatique. Aussi, comme elles sont métabolisées au foie, la durée de leurs effets est augmentée. Par exemple, la sédation peut durer jusquà 48 heures chez des patients ayant une atteinte hépatique grave. Les phénothiazines diminuent également le seuil de convulsions, ce qui peut être un problème chez des animaux présentant de lhépatoencéphalopathie. On observe aussi une diminution de lhématocrite, des protéines plasmatiques et des plaquettes sanguines lors de lutilisation de ces tranquilisants.
INDUCTION:
Thiobarbituriques:à éviter
Les thiobarbituriques se lient aux protéines plasmatiques. Lhypoalbuminémie souvent observée lors de problèmes hépatiques amène donc une augmentation de la concentration de lagent en circulation. Cela entraîne une induction plus profonde et plus longue.
MAINTIEN AU GAZ:
Methoxyflurane: à éviter
Le méthoxyflurane est à proscrire absolument car il diminue le flot sanguin hépatique. Aussi, jusquà 50% de la dose inhalée est métabolisée au foie. Certains de ces métabolites, les oxalates et les fluorides, sont, de plus, des toxines rénales potentielles.
Halotane:
Lhalotane devrait être évité si possible. En effet, environ 20% de la dose inhalée doit être métabolisée au foie pour être éliminée. Il possède aussi le potentiel de produire des radicaux libres lors dhypoxie et dhypotension, qui peuvent entraîner des dommages hépatiques. Lorsquutilisé à une concentration élevée, une diminution du flot sanguin hépatique a été raportée. Ainsi, si on doit utiliser lhalotane lors de lanesthésie dun patient souffrant de lipidose hépatique, il faut assurer un monitoring anesthésique adéquat.
PROTOCOLE SUGGÉRÉ:
Une alternative aux phénothiazines comme tranquilisant chez un animal souffrant de lipidose hépatique, nous proposons les benzodiazépines. Elles offrent une tranquilisation acceptable chez les patients ayant une atteinte hépatique et, ont un effet minimun sur les systèmes cardivasculaire et respiratoire. Comme analgésique, nous proposons le butorphanol, un opioïde causant moins de dépression respiratoire que ses congénères. Les opioïdes ont peu deffet adverse sur le foie et sont facilement antagonisés (naloxone). Par contre, ils peuvent causer de la bradycardie, pouvant être prévenue par lutilisation danticholinergiques. Il ny a pas de contre-indication à utiliser des anticholinergiques lors de lipidose hépatique, quoique leurs effets peuvent être légèrement prolongés. Pour linduction, le propofol, ou encore une combinaison de kétamine-midazolan, serait adéquat. Cette dernière combinaison a un effet stabilisateur sur le système cardiovasculaire. Pour le maintien de lanesthésie, lisoflurane semble la meilleure option. Il augmente le flot sanguin artériel hépatique et moins de 0,2% de lisoflurane est métabolisé au foie.