Quelle(s) influence(s) a la lipidose hépatique sur le métabolisme normal de l’animal?


Lorsqu’une maladie hépatique est déjà présente avant une anesthésie, celle-ci, ainsi que la chirurgie, peuvent être suivis d’une détérioration encore plus grande des fonctions du foie. En effet, le foie, de part les particularités de sa vascularisation, est un organe très susceptible à la diminution de perfusion sanguine. Ainsi, 70% de l’apport de sang au niveau du foie provient de la veine porte, avec une saturation d’oxygène d’environ 60% à 75%. Seulement 30% de l’apport sanguin du foie provient de l’artère hépatique qui répond à la majorité des besoins hépatiques en oxygène. Donc, une réduction du flot sanguin, qui se produit généralement lors de l’utilisation d’agents anesthésiques, rend le foie susceptible à l’hypoxie.

La lipidose hépatique, de part son atteinte hépatique résultant souvent en une cholestase intra-hépatique ainsi qu’à une insuffisance hépatique, rend le choix des agents anasthésiques plus délicat. Il faut donc tenir compte des points suivants:

- Eviter les drogues qui se métabolisent ou sont excrétées au foie.

- Evitez les drogues potentiellement hépatotoxiques.

- Maintenir une oxygénation hépatique en prévenant tout épisode d’hypoxie.

Des problèmes de coagulation peuvent aussi être présents lors de la présentation d’un chat en lipidose hépatique. En effet, le foie est responsable de la synthèse de tous les facteurs de coagulation, excepté le facteur VIII. Une atteinte au foie entraîne donc une diminution dans la production de ceux-ci et, par conséquent, un prolongement des temps de coagulation. De plus, la présence d’une cholestase sévère peut amener une obstruction complète des voies biliaires entraînant une malabsorption de la vitamine K. Cette déficience en vitamine K exacerbe donc les problèmes de saignement puisque celle -ci joue un rôle dans la cascade de coagulation. Certains animaux présentent aussi lors d’insuffisance hépatique des problèmes de coagulation intra-vasculaire disséminée. Ceci a pour conséquence de diminuer le nombre de plaquettes en circulation et ainsi aggraver les problèmes de coagulation. Il ne faut donc pas utiliser, lors de l’anesthésie de ces animaux, des drogues pouvant aggraver ses symptômes.

Parfois, lors d’atteinte hépatique sévère, l’animal peut présenter des signes d’hépatoencéphalopathie. Ces signes incluent l’hypersalivation, de la dépression, des changements de comportement ou des convulsions. Ils sont causés par l’accumulation d’ammoniac, de mercaptans, d’amines et d’acides gras dans le sang. Ces produits sont habituellement métabolisés par le foie.

Les tests de laboratoires peuvent aussi nous permettre d’observer une anémie normocytaire normochrome non régénératrice. Cette anémie peut se compliquer d’une anémie hémolytique due à l’hypophosphatémie. Cette hypophosphatémie est associée à l’alimentation par tube. L’animal présente aussi une hyperbilirubinémie due à une diminution de son excrétion ainsi qu’une hypoalbuminémie consécutive à la diminution de sa production.


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