Quelle est l’importance de la pression artérielle et de son contrôle lors de la ligature d’un PDA?

(François Gauthier)


Il faut d’abord et avant tout considérer la chirurgie d’un PDA comme une intervention à thorax ouvert. Ceci implique, concernant notre sujet, le nerf vague.

La position anatomique du ductus est ventralement à l’aorte, dorsalement à l’artère pulmonaire, au point où le nerf vague traverse entre les deux vaisseaux, médialement ou sous cette dernière structure.

Ainsi, nous constatons que le nerf vague est très impliqué dans cette chirurgie. Pour éviter de léser cette structure, nous devons donc l’isoler, ce qui demande de le manipuler. Cette manipulation amène une bradycardie.

Autre point à considérer lors de cette chirurgie est le réflexe Branham. Ce réflexe se produit conséquemment à la première ligature du PDA. Cette ligature augmente la pression artérielle d’une manière drastique, ce qui entraîne une diminution de la fréquence cardiaque.

En résumé, il convient de dire que la pression artérielle augmentera suite à la chirurgie, et sera accompagnée d’une bradycardie.

Quelles drogues peut-on utiliser pour contrôler ces changements?

ACP: Cette drogue, qui est un hypotenseur, amènera une dilatation périphérique. Ceci permettra de diminuer l’importance du shunt, le rendant plus facile à ligaturer. De plus, elle possède aussi un effet antiarrythmique intrinsèque. Cette drogue sera utilisée lors de la prémédication.

Glycopyrrolate: Cet anticholinergique permettra, au besoin, de contrôler la bradycardie survenant lors de la chirurgie. Préférée à l’atropine, car cette dernière à plus d’effets au niveau cardiaque. Il est conseillé de toujours avoir une seringue prête lors de la chirurgie.

Autres considérations:

Butorphanol vs Oxymorphone: Le butorphanol diminue d’une façon moins significative la fréquence cardiaque, donc il pourrait être préféré à l’oxymorphone en prémédication.

Midazolam vs Diazépam: Si on désire utiliser une benzodiazépine pour une certaine raison, on doit prendre en considération que le propylène glycol utilisé comme adjuvant avec le diazépam entraîne des effets cardiaques indésirables pour cette chirurgie, ce qui pèse en faveur du midazolam qui n’a que peu d’effets secondaires.

Kétamine: Elle augmente la fréquence, le débit ainsi que la pression cardiaques, donc elle n’est pas recommandée lors de cette chirurgie.

Isoflurane vs Halothane: L’isoflurane diminue la postcharge d’une manière plus significative que l’halothane, ce qui pourrait peser en faveur de l’isoflurane pour cette chirurgie.


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