Importance de l'examen pré-anesthésique d'un patient gériâtrique présenté pour détartrage


Simulation: Nous avons ausculté, à l'examen pré-anesthésique de notre patient, un souffle cardiaque en absence de tout signe d'insuffisance cardiaque. À quoi devrions-nous penser?

L'endocardiose valvulaire du chien, d'étiologie encore inconnue, est la maladie la plus fréquemment impliquée dans la génèse d'un souffle cardiaque chez les petites races. Aussi, les mâles de plus de 5 ans constituent le groupe le plus à risque de développer cette affection. Notre Poméranien mâle de 12 ans entre dans cette catégorie.

La valvule mitrale est la plus souvent atteinte et montre, à la nécropsie, un épaississement irrégulier, parfois d'aspect nodulaire, avec un raccourcissement possible des festons valvulaires. Selon la sévérité de ces lésions, la condition peut être sous-clinique, ce qui est le cas dans notre simulation (régurgitation valvulaire causant un murmure cardiaque), ou clinique (signes d'insuffisance cardiaque congestive). L'intensité du souffle, rappelons-le, n'a aucune relation avec la sévérité de la lésion. Bien que le diagnostic d'endocardiose se pose généralement dès l'auscultation, on peut avoir recours à l'échocardiographie, et secondairement à la radiographie et l'électrocardiographie, pour éliminer d'autres causes de souffles.

Notre chien est présenté pour une anesthésie, en vue d'une castration et d'un détartrage. Or, lors du détartrage, des bactéries de la flore normale de la muqueuse buccale, le plus souvent Streptococcus Bêta-hémolytique, Staphylococcus Aureus et Escherichia Coli, peuvent prendre la circulation sanguine. La valvule étant déjà endommagée par les lésions d'endocardiose se trouve prédisposée à la colonisation bactérienne, ce qui peut mener à une endocardite bactérienne, maladie aiguë pouvant avoir des conséquences désastreuses sur la santé de notre animal. En effet, en plus des conséquences locales (insuffisance valvulaire, insuffisance cardiaque congestive), des emboles peuvent prendre la ciculation sanguine et échouer dans divers organes (rate, reins, myocarde, SNC) avec formation subséquente d'infarcti.

Donc, sachant tout cela, il devient très important d'instaurer, en prévention d'endocardite bactérienne, une antibioprophylaxie 24 heures avant la chirurgie si possible, qui se continuera en post-chirurgical pour environ une semaine. Une combinaison à large spectre de pénicilline-gentamycine serait très efficace contre les bactéries précédemment mentionnées.


Retour à la table des matières