Connaissant les pathologies de suspectées chez un vieux chien, quels sont les médicaments de choix et les procédures à utiliser pour assurer un risque anesthésique moindre lors d’intervention sur cet animal?


Avant de s'attaquer au bien fondé de chaque classe d'agent anesthésique sur les patients gériâtriques, nous aimerions faire un bref survol des pathologies suspectées pouvant entraîner des complications anesthésiques dans le cas d'un sujet âgé. D'abord, au niveau du système nerveux, notons que l'activité nerveuse centrale est diminuée due à une baisse de production et à une destruction accentuée des neurotransmetteurs. Il en résulte d'une sensibilité accrue aux agents anesthésiques et une difficulté à maintenir une thermorégulation normale. Au niveau du système, la difficulté à compenser suite à l'administration de certains médicaments intraveineux, demeure notre soucis premier. Puisqu'il n'est pas rare de voir des problèmes acquis comme l'endocardiose ou les maladies vasculaires chroniques chez les vieux chiens, les médicaments devront être donnés lentement et un ECG sera nécessaire durant les procédures. Du côté du système respiratoire, l'inquiétude provient du fait que l'animal gériâtrique connait une perte d'élasticité pulmonaire, ce qui peut entraîner une hypoxémie par diminution de perfusion. Une oxygénothérapie avant et après la chirurgie sera donc essentielle. La fluidothérapie sera aussi très importante puisque l'insuffisance rénale est une autre des conséquences du vieillissement, ce qui changera la dynamique d'élimination des produits utilisés. De plus, le métabolisme des drogues pourrait être diminué advenant une dégénérescence sénile de l'organe. En plus de ce phénomène, on ne voudra pas exacerber la condition du foie, c'est pourquoi le choix des agnts anesthésiques devra être judicieux.

Enfin, en ce qui a trait à la sélection des agents anesthésiques idéaux pour notre Poméranien de 12 ans, nous retiendrons les produits proposant un certain compromis entre l'efeet désiré et le minimum de répercussions secondaires. Notre soucis majeur au niveau des effets immédiats des drogues ira plutôt vers les systèmes vitaux, soit cardiovasculaire et respiratoire.

Quel protocol anesthésique pourrions-nous utiliser dans le cas qui nous intéresse? Notre choix s'est arrêté sur l'utilisation du butorphanol et du midazolam. Le butorphanol étant un antagoniste kappa et un agoniste mu, a été retenu pour ses propriétés analgésiques viscérales (nécessaire à la chirurgie de castration) sans toutefois créer une trop grande dépression respiratoire comme l'oxymorphone. Le midazolam procurera une bonne relaxation musculaire, mais il n'entraînera pas autant de dépression cardio-respiratoire et d'hypotention que le diazépam qiu produit plus souvent ces effets à cause du propylène glycol mélangé à la solution. L'acépromazine n'a pas été sélectionnée puisqu'elle cause une hypotension par baisse de tonus sympathique et blocage des récepteurs alpha et qu'elle peut entraîner une bradycardie sinusale pouvant résulter d'un bloc du deuxième degré. Puisque l'animal fut présenté avec une tachycardie légère, nous avons décidé de ne pas donner d'emblée d'anticholinergiques pour ne pas causer de tachyarythmie. Malgré tout, la préparation d'une seringue de glycopyrrolate serait souhaitable en cas de besoin.

Comme agent d'induction, nous avons préféré le propofol au dépend de la kétamine ou du thiopental. Le propofol étant relativement sécuritaire, il a particulièrement suscité notre intérêt par son pouvoir de distribution rapide, n'entraînant pas d'accumulation au niveau des gras par sa métabolisation rapide au foie, ce qui n'est pas à négliger chez les sujets comportant une hépatopathie, nous avons préféré mettre de côté ce produit ne voulant pas prendre le risque d'aggraver une dégénérescence hépatique peut-être encore subclinique. Pour sa part, le thiopental n'a pas été retenu puisqu'il peut causer des arythmie, de l'excitation, et qu'il se loge dans les gras pour une longue période suite à l'intervention.

Le maintien se fera à l'aide d'isoflurane puisque celui-ci est considéré plus sécuritaire que les autres volatils. L'halothane a été réfuté puisqu'il cause plus de dysrythmies par son pouvoir sensibilisant aux cathécolamines et qu'il a un certain effet toxique au foie.

L'analgésique post-opératoire qui sera utilisé après la castration sera le butorphanol qui, pour son meilleur rapport analgésie/effets secondaires, est préférable à l'oxymorphone.


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