Structures anogénitales plutôt inhabituelles !

Ces photographies (1, 2) d’un tamia rayé (Tamias striatus) plutôt en appétit et très peu timide furent prises par une dame habitant la région de Trois-Rivières. Le petit tamia, qui semble par ailleurs en très bonne forme, présentait dans la région anogénitale des structures inhabituelles qui furent décrites comme « sortant progressivement de l’animal ». Quel est votre diagnostic?

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de Pathologie de la faune

Quel est votre diagnostic ?

Il est vrai que cette structure brune pourrait faire penser à une graine ou une structure d’origine végétale insérée partiellement sous la peau, mais ce n’est pas le cas

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Ce n'est pas la bonne réponse !

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Comme celles utilisées pour l’identification des animaux et qu’on insère dans le tissu sous-cutané. Peut-être un vieux modèle? Cherchez encore !

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Ce genre de chose pourrait en effet faire penser à un organisme de type alien qui aurait envahi le pauvre tamia pour en ressortir au moment voulu en le détruisant. Mais justement l’organisme en ressort et le tamia est toujours bien en vie!

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Bonne réponse! Bien que les clichés ne soient pas toujours au foyer, on pouvait observer sur les deux premiers une zone de distension marquée dans la région testiculaire, avec présence de structures brunâtres à moitié visibles au niveau d’une ouverture cutanée.


L’aspect de la « bestiole » tel qu’on l’observe sur la photo à côté du doigt, ainsi que son comportement précédemment décrit, est compatible avec une larve de mouche du genre Cuterebra.

Les mouches femelles adultes de cette espèce déposent leurs œufs près du nid de l’hôte, à un endroit où ils viendront en contact avec les pieds/le pelage. Les œufs pourront éclore lors de changements brusques de température/humidité, comme lors du toilettage de l’animal. Les larves entreront alors dans l’animal par les orifices corporels et migreront jusqu’au tissu sous-cutané. Là elles continueront leur développement et se créeront un petit pore respiratoire (petite ouverture dans la peau).

Les larves causeront une distension marquée sous la peau (photo 1 et 2), souvent dégarnie de poils et avec un petit trou à l’extrémité. Une fois que la larve mature sort de la peau, la lésion peut s’infecter secondairement mais bien souvent pourrait guérir tout seul. On peut souvent observer (du moins chez l’écureuil gris) plusieurs larves par animal ce qui implique que les lésions peuvent se voir « de loin ». On peut imaginer que c’était également le cas pour notre petit tamia. La résolution de la lésion dépendra du nombre de larves, de l’état de santé de l’hôte, de contamination bactérienne secondaire, etc. Cette affection pourrait donc s’observer chez l’écureuil gris, des lapins sauvages ou d’autres espèces de petits rongeurs tels que le tamia rayé.

L’intérêt de cette condition vient aussi du fait que certaines mouches plus exotiques et non présentes au Canada (heureusement!) peuvent pondre sur la peau leurs larves qui migreront dans les tissus et causeront de la nécrose tissulaire majeure, ce qui pourrait hypothéquer sérieusement l’animal et le rendre vraiment malade.

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