Le rôle du vétérinaire dans le développement international

Par Kelly Faubert

L’image la plus commune qu’on se fait du vétérinaire est celui du médecin en sarrau blanc s’occupant de nos animaux domestiques, ou bien, du docteur en chienne arrivant au secours de nos animaux de ferme. Cependant, le rôle du vétérinaire surpasse celui exercé dans la communauté locale et de plus en plus le vétérinaire a un impact dans le développement international.

Pour les vétérinaires ainsi que les étudiants de médecine vétérinaire, le rôle que joue le vétérinaire au niveau du développement international n’est pas bien compris de tous. Cependant, grâce à leur participation à des organisations comme l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’Agence canadienne de développement international (ACDI) et l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture pour n’en nommer que quelques-uns, les vétérinaires contribuent à améliorer la vie des communautés défavorisées à l’étranger et à la maison (Stevenson, 1987).

Qu’est-ce que le développement international?

Dans un sens large, le développement international signifie un développement de la qualité de vie des êtres humains. C’est un terme qui englobe les aides étrangères, les soins de santé, l’éducation, la réduction de la pauvreté, l’égalité des sexes, les infrastructures, les droits humains, l’économie et l’environnement. Le développement international se distingue de l’aide internationale qui, le plus souvent, se résume à des solutions à court terme. En contraste le développement durable cherche plutôt à créer, à l’intérieur d’un pays, la capacité de mettre en œuvre des solutions locales et durables (Acha & Medéndez 1983).

Le développement durable peut être constitué d’un seul projet pour résoudre un problème spécifique, ou d’une série de projets destinés à différents aspects de la société. Les projets reflètent la culture unique, la politique, la géographie et l’économie de la région (Acha & Medéndez 1983).

Les gens cherchent une amélioration économique non pas tant pour des raisons de développement économique comme tel mais bien pour les avantages en matière de nutrition, de logement, de santé et de confort que ce développement implique. En dépit de l’abondance croissante des biens matériels disponibles dans ce monde, le problème mondial majeur reste incontestablement celui de la pauvreté et l’écart croissant entre les riches et les pauvres. Cette réalité est perceptible non seulement entre pays mais aussi entre habitants d’un pays donné (Acha & Medéndez 1983).

Alors quel est le rôle de la médecine vétérinaire dans le développement international?

Un des problèmes les plus graves de santé publique est celui de la carence protéique. En ce moment, le nombre de personnes touchées par ce mal est plus grand que le nombre de personnes touchées par n’importe quel autre problème. La médecine vétérinaire joue un rôle primordial en contribuant à accroître la production animale et ainsi à réduire la pénurie de protéines (OMS 2011).

Les vétérinaires sont formés pour traiter les problèmes liés à la santé animale et les problèmes de production; peu importe si ces problèmes se posent pour la première fois ou sont aggravés par les inégalités socio-économiques de développement dans différents pays. Ces problèmes de santé animale et de production constituent un défi important à la capacité des communautés à se nourrir, ainsi qu’une menace pour les populations animales indigènes (OMS 2011).

La médecine vétérinaire est une discipline étroitement liée à la santé humaine ainsi qu’au développement socio-économique du pays (Acha & Medéndez 1983). Environ 75% des nouvelles maladies qui ont affecté les humains au cours de la dernière décennie ont été causées par des pathogènes provenant d’un animal ou à partir de produits d’origine animale. Beaucoup de ces maladies ont le potentiel de se transmettre et de devenir des problèmes à l’échelle mondiale. Le médecin vétérinaire tente de résoudre ces problèmes de maladies animales liées au commerce de la viande et de maladies animales transmissibles (OMS 2011).

En outre, un certain nombre de maladies animales connues et évitables qui peuvent être transmises aux humains (zoonoses) comme la rage, la brucellose, la leishmaniose et l’échinococcose continuent à sévir dans de nombreux pays, en particulier dans le monde en développement, où elles affectent principalement les plus pauvres. Elles provoquent un important taux de mortalité, des millions de personnes étant touchées à chaque année. Le médecin vétérinaire s’occupe également de gérer les maladies zoonotiques incluant les parasitoses transmissibles de l’animal à l’homme (OMS 2011).

Les maladies zoonotiques empêchent la production efficace d’aliments d’origine animale et créent des obstacles au commerce international des animaux et de leurs produits dérivés. Elles sont donc un obstacle au développement socio-économique global. Depuis son origine, la médecine vétérinaire a joué un rôle majeur dans la prévention et les interventions contre les maladies animales y compris les zoonoses (OMS 2011).

Le médecin vétérinaire exerce aussi un rôle dans la conservation de la faune et des espèces menacées en collaboration avec des écologistes et biologistes et grâce aux efforts d’élevage en captivité et de la médecine de conservation génétique.

Santé publique vétérinaire

L’OMS a défini la santé publique vétérinaire (SPV) comme « la somme de toutes les contributions  physiques, mentales et sociales au bien-être des humains grâce à une compréhension et une application de la science vétérinaire ». La santé humaine est inextricablement liée à la santé et à la production animales. Ce lien entre les populations humaines et animales, incluant le milieu environnant, est particulièrement étroit dans les régions en développement où les animaux assurent le transport, la puissance de traction, la possibilité de se vêtir ainsi que les protéines alimentaires (viande, œufs et lait).

Les domaines principaux de la SPV sont les suivants: le diagnostic, la surveillance, l’épidémiologie, le contrôle, la prévention et l’élimination des zoonoses, la protection de l’alimentation, la gestion des aspects sanitaires des installations pour les animaux de laboratoire et les laboratoires de diagnostic, la recherche biomédicale, l’éducation sanitaire, l’extension, la production et le contrôle des produits biologiques et des dispositifs médicaux. D’autres domaines clés de la SPV incluent la gestion des populations animales domestiques et sauvages, la protection de l’eau potable et de l’environnement et la gestion des urgences de santé publique (OMS 2011).

 La SPV est une partie essentielle de la santé publique plus générale et comprend divers types de coopération entre les disciplines qui composent la triade de la santé des personnes-animaux-environnement, et de toutes ses interactions (OMS 2011).

La médecine vétérinaire est une discipline qui implique plus que la croyance populaire et qui prend la responsabilité de la santé non seulement des animaux de compagnie et de bétail, mais aussi celui des populations animales, des humains et de la terre comme un tout. Le médecine vétérinaire est une profession épanouissante qui permet de faire une différence dans le monde de plus d’une façon.

 

Références

Acha P.N. and Medéndez L.V. 1983.The role of veterinary medicine in animal production and health: its impact on the socio-economic development of the Latin American and Caribbean countries Rev. sci. tech. Off. int. Epiz. 2 (1), 101-144.
Stevenson R.G. 1987. The Veterinarian’s Role in International Development. Canadian Veterinary  Journal. 28(10): 655–656.
World Health Organization. 2011. Zoonoses and veterinary public health. http://www.who.int/zoonoses/vph/en/
http://www.oie.int/doc/ged/D6899.PDF
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1680513/
http://www.who.int/zoonoses/vph/en/