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Accueil>Animaux de compagnie>Dysplasie de la hanche chez le chien

Dysplasie de la hanche chez le chien

Intro Incidence Étiologie Pathophysiologie Signes cliniques Diagnostic Examens Traitements Liste des figures

 

TRAITEMENTS

Généralités
Traitement conservateur
:: Contrôle de l'environnement 
:: Médication
:: Médecine alternative (homéopathie, acupuncture, ostéopathie)
Traitement chirurgical
:: Triple ostéotomie du bassin (TPO)
:: Arthroplastie coxofémorale par exérèse de la tête et du col fémoral
:: Arthroplastie par mise en place d'une prothèse totale de la hanche
:: Symphysiodèse pelvienne juvénile
Prévention

Impression de toute la section

Traitement chirurgical

Au fil des années, plusieurs techniques chirurgicales ont été utilisées. Certaines ont été abandonnées, d’autres modifiées. Aujourd’hui, ces procédures chirurgicales nous permettent d’espérer un pronostic favorable chez la presque totalité des patients souffrant de dysplasie de la hanche :


figure 50

figure 51

figure 52

La triple ostéotomie du bassin (TPO)

La TPO est considérée comme le traitement de choix de la dysplasie de la hanche:

  • Élimine la douleur
  • Permet un retour à une vie active
  • Arrête ou ralentit significativement la progression de l‘arthrose
  • Préserve l’articulation coxofémorale
Principe 
L’hémipelvis est sectionné à trois endroits afin de permettre une rotation ventrolatérale de l’acétabule.(Figure 53) L’hémipelvis est fixé dans cette position à l’aide d’une plaque orthopédique spécialement conçue (Figure 54). Cette relocalisation de l’acétabule assure une couverture acétabulaire pour la tête fémorale et conséquemment une meilleure congruence articulaire. (Figure 55)

figure 53

figure 54

figure 55

figure 56
Candidats 
Les candidats à ce type de chirurgie doivent répondre à des critères bien précis : (Figure 56)
  • Présence clinique ou radiologique de laxité articulaire dynamique
  • L’articulation coxofémorale doit être encore saine; tête fémorale ronde et acétabule profond
  • Le cartilage articulaire doit être intègre
  • Absence de lésions d’arthrose ou arthrose minimale
  • Évide

Classiquement, ces patients sont encore en période de croissance et la maladie est au début de son évolution.

Postopératoire 

  • Repos complet 6 à 8 semaines

Complications
Les complications sont peu fréquentes et généralement sans séquelles permanentes :

  • Déficit neurologique (neuropraxie du nerf sciatique ou obturateur)
  • Défaillance des implants
  • Infection

Chirurgie du membre opposé : 2 à 6 semaines suite à la première intervention selon l’âge du patient et l’évolution de la maladie. La venue de nouveaux implants permet aujourd'hui d'opérer simultanément les 2 hanches

L’arthroplastie coxofémorale par exérèse de la tête et du col fémoral

Pour des raisons économiques et techniques, cette chirurgie est la plus utilisée dans le traitement de la dysplasie de la hanche :

  • Élimine la douleur chez la majorité des patients (+/- 85% des cas)
  • Permet un retour à une vie fonctionnelle
  • Degré d’activité variable selon le patient
  • Les résultats peuvent être difficiles à prévoir chez les plus gros chiens (>25kg)
  • L’articulation n’est pas préservée
Principe 
Il y a exérèse de la tête et du col fémoral (Figure 57). L’articulation sera dorénavant supportée par la musculature locale et par la formation d’une fausse articulation fibreuse. L’amplitude de mouvement définitive de cette fausse articulation est dépendante de «l’élasticité» du tissu fibreux. Le succès de l’intervention repose sur l’utilisation rapide du membre opéré (élasticité accrue du tissu fibreux).


figure 57

Candidats 
Théoriquement tous les chiens peuvent subir cette intervention par contre le pronostic varie d’un sujet à l’autre selon ses caractéristiques physiques et son tempérament. Les meilleurs candidats sont :

  • Tempérament fougueux, actif malgré la maladie
  • Masse et tonus musculaire acceptable
  • Chiens de moins de 25kg

Postopératoire 

  • Favoriser l’utilisation rapide du membre
  • Analgésie prolongée pour favoriser l’utilisation du membre
  • Physiothérapie

Complications 
Elles sont rares :

  • Douleur persistante due à un contact ‘‘os-os’’ entre le site d’ostectomie fémorale et l’acétabule.

Chirurgie du membre opposé : respecter un minimum de 8 semaines d’intervalle entre les deux interventions. Idéalement le membre opposé est opéré lorsque le premier membre est fonctionnel et non douloureux (4 mois et plus).

L’arthroplastie coxofémorale par mise en place d’une prothèse totale de la hanche

C’est la meilleure alternative à la TPO du point de vue fonction et mécanique de la hanche, particulièrement chez les très gros chiens. Son prix en limite par contre l’utilisation :

  • Élimine la douleur
  • Utilisation rapide du membre
  • Retour à une vie active
  • Améliore le pronostic des chiens de grandes races et de races géantes
  • L’articulation n’est pas préservée
Principe   (Figure 58 )
Il y a exérèse de la tête fémorale et d’une portion du col fémoral et mise en place d’une prothèse fémorale. Il y a approfondissement et modelage de l’acétabule puis mise en place de la prothèse acétabulaire. La prothèse est maintenue en place à l’aide de ciment à os (polyméthylmétacrylate) pour les prothèses cimentées ou à l’aide de vis pour les prothèses non-cimentées. (Figure 59 )

figure 58

figure 59

Candidats 
Tout comme l’arthroplastie par exérèse de la tête et du col fémoral, cette méthode chirurgicale en est une de dernier recours. Elle est généralement recommandée lorsque les symptômes sont persistants et qu’ils entraînent un inconfort chronique et non traitable par l’approche conservatrice. Certains critères doivent être respectés :

  • Chiens de plus de 20 kg
  • Chiens dont la période de croissance active est terminée
  • Absence de problèmes neurologiques concomitants
  • Absence de toutes sources d’infection (dermatite, cystite, otite…) lorsque la prothèse utilisée est cimentée

Postopératoire 

  • Repos complet 8 semaines
  • Réévaluation annuelle

Complications 
Selon le type de prothèse utilisé, le taux de complications varie de 5 à 15%. Elles sont souvent majeures et nécessitent généralement une seconde intervention chirurgicale :

  • Luxation de la hanche
  • Décollement aseptique de l’implant
  • Décollement septique de l’implant (ostéomyélite)
  • Fracture

Chirurgie du membre opposé : respecter un minimum de 16 semaines d’intervalle entre les deux interventions. 


La symphysiodèse pubienne juvénile

La symphysiodèse pubienne juvénile est une nouvelle technique chirurgicale pour traiter la dysplasie de la hanche. Elle est en fait une méthode préventive puisqu’elle est réalisée, dès le très jeune âge, sur des patients asymptomatiques jugés susceptibles au développement d’arthrose coxofémorale.

Principe  (Figure 60)
Il y a cautérisation de la symphyse pubienne (1/2 craniale de la symphyse pelvienne ) qui entraîne une nécrose thermique des chondrocytes germinaux. Cette nécrose a pour conséquence une fermeture prématurée et une union osseuse de la symphyse. La portion ventromédiale du bassin demeure ainsi sous-développée alors que sa portion dorsolatérale croît normalement. Il en résulte une rotation ventrolatérale de l’acétabulum au-dessus de la tête fémorale et une amélioration subséquente de la conformation de la hanche. (Figure 61)
L’ampleur de la ventrolatéralisation de l’acétabulum est directement associée à l’âge du patient lors de l’intervention chirurgicale. Cette intervention améliore de façon significative la conformation du bassin lorsqu’elle est réalisée à 15 ou 20 semaines d’âge. L’amélioration est cependant plus appréciable si l’intervention est réalisée à 15 plutôt qu’à 20 semaines.


figure 60

figure 61

Candidats
Tout patient de moins de 20 semaines avec une laxité articulaire passive jugée à risque pour le développement éventuel d’arthrose coxofémorale. L’index de laxité, mesurée à partir de la méthode PennHIP est, pour l’instant, l’outil utilisé pour déterminer la susceptibilité au développement d’arthrose. Théoriquement, tous les chiens dont l’index est supérieur à 0,3 sont considérés susceptibles. Cette valeur était donc celle utilisée dans les différentes études. Les inconvénients :

  • La majorité des chiens ont un index de laxité supérieur à 0,3.

  • Une importante proportion de chiens avec un index supérieur à 0,3 ne développent jamais d’arthrose, donc ne requièrent pas cette intervention.

Le candidat idéal est donc difficile à définir.

Post-opératoire
Aucune restriction particulière autre que celle associée à la plaie chirurgicale.

Complications
Les complications sont rares et généralement bénignes:




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Dernière mise à jour 13/08/2013
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