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Dysplasie
Examens
recommandés en fonction de la nature de la consultation
Diagnostic de boiterie
Ventrodorsale en extension du bassin
(OFA) : (Figure 21)
C’est l’examen de choix lors de boiterie associée à la dysplasie de la hanche. Elle est indispensable dans l’établissement d’un plan thérapeutique. Elle permet de bien mettre en évidence la présence et la sévérité des lésions d’arthrose et de remodelage osseux
coxofémoraux. La présence d’incongruité coxofémorale visible à la radiographie, indice de laxité
articulaire, est considérée significative chez un chien symptomatique. L’absence d’une évidence radiologique d’incongruité coxofémorale n’exclut pas la possibilité d’une laxité articulaire, même importante. Il a été démontré que cette projection radiologique est peu sensible pour la détection de la laxité articulaire.
Vue du rebord acétabulaire dorsal (DAR) : (Figure 33)
(Figure 33)
C’est un examen complémentaire principalement utilisé dans l’évaluation des chiens symptomatiques en période de croissance. Elle permet d’apprécier l’intégrité du rebord dorsal de l’acétabule (usure, ostéophytes) ainsi que l’importance de la pente acétabulaire. Conjointement avec la ventrodorsale en extension du bassin et les valeurs de l’angle de réduction obtenues à partir du signe d’Ortolani, cette projection est utile dans l’évaluation pré-opératoire des patients dysplasiques susceptible de subir une triple ostéotomie du bassin.
Ventrodorsale du bassin avec stress latéral (Penn HIP) : (Figure
40)
Cette méthode n’est pas utilisée lors d’un diagnostic de boiterie.
Diagnostic précoce de la dysplasie de la hanche
Ce sont des techniques, réalisées en période de croissance, qui tentent de
prédire l’apparition éventuelle d’arthrose. Les raisons diffèrent :
-
Facteurs économiques (chiens de travail, éleveurs)
-
Facteurs émotionnels
-
Approche préventive (médication ou intervention chirurgicale)
Aucunes de ces méthodes à elle seule permet de prédire sans équivoque l’avenir d’une hanche. Plus encore, elles ne permettent pas de définir la sévérité éventuelle de l’arthrose. Le résultat de ces tests doit donc être analysé avec discernement. La combinaison de certaines de ces méthodes est souhaitable.
Ventrodorsale en extension du bassin (OFA) : (Figure
21)
Elle cherche à mettre en évidence une incongruité articulaire puisque très rarement des lésions osseuses seront visibles en jeune
âge. Absence d’incongruité : Cette méthode est peu sensible pour détecter la laxité articulaire qui est la base même du diagnostic précoce puisqu’elle est la première
anormalité, facilement identifiable, à apparaître lors de la dysplasie de la hanche. Certains chiens n’ont donc aucune évidence radiologique d’incongruité articulaire détectable par cette
méthode, mais démontrent des signes évidents de laxité à la palpation ou par d’autres méthodes
radiologiques.
Présence d’incongruité : La visualisation d’une incongruité significative de la hanche confirme une laxité articulaire et par la même occasion une dysplasie de la hanche. La présence d’une telle incongruité n’est cependant pas nécessairement prédictive d’une éventuelle dégénérescence articulaire. Une certaine proportion de chiens avec évidence d’incongruité articulaire ne développent jamais d’arthrose.
De plus, l'espace articulaire du chien en croissance est toujours plus
large que celui du chien adulte et ce phénomène est d'autant plus
important que l'animal est jeune. La distinction entre une incongruité
articulaire réelle et un espace articulaire physiologiquement élargie
est par conséquent difficile à établir chez les chiens de moins de 6
mois. (Figure 45)
Ventrodorsale du bassin avec stress latéral (Penn HIP) :
(Figure 40)
C’est la technique de choix pour mettre en évidence l’ampleur de la laxité articulaire. Elle est donc très sensible. Les risques de développer de l’arthrose coxofémorale augmentent avec la valeur de l’index de
laxité donc, plus l’index est élevé plus les risques d’arthrose sont élevés et vice et versa.
Inconvénients :
-
Le risque par rapport à l’index varie selon la race. Ce risque a été déterminé pour un nombre limité de races.
-
Il existe une marge entre laquelle il est impossible de prévoir l’avenir d’une hanche (zone grise). Cette marge comprend une importante proportion de
chiens.
Cette technique ne peut par conséquent prédire à elle seule, de façon fiable, et sur une base individuelle, l’avenir d’une importante proportion de
chiens.
Vue du rebord acétabulaire dorsal (DAR) :(figure 33)
Cette technique permet d’évaluer la conformation osseuse de l’acétabule, plus particulièrement l’intégrité de son
rebord dorsal et l’importance de sa pente. Pour le diagnostic précoce de la dysplasie de la hanche, seule l’évaluation de la pente importe parce que dans une minorité de cas il y aura usure remarquable du bord dorsal. Une pente élevée modifie la distribution des forces au sein de la hanche lors de l’appui sur le membre en faveur d’une poussée dorsolatérale de la tête fémorale. Cette poussée, si elle excède la force musculaire stabilisatrice de la hanche, mènera à une subluxation dorsolatérale de la tête fémorale et le processus d’arthrose se verra ainsi
enclenché (Figure 46).
La valeur normale de la pente varie selon les auteurs (< que 5,5 ou 7,5 degrés, par hanche). Sous ces valeurs, les risques d’un développement éventuel d’arthrose, sont minimes. Au-dessus de ces valeurs, le risque d’arthrose augmente avec la pente si bien qu’une pente élevée en jeune âge prédispose au développement éventuel d’arthrose.
Inconvénient : la mesure de la pente est sujet à un certain degré de subjectivité. La valeur obtenue peut varier de ±
3degrés d’un évaluateur à l’autre.
Ortolani et mesure de l’angle de réduction: (figure 13)
La palpation est un outil complémentaire très utile lors du diagnostic précoce. La méthode d’Ortolani est la plus utilisée. Contrairement à la radiographie avec stress latéral qui mesure le degré maximal de laxité articulaire, l’angle de réduction mesuré à partir de la méthode d’Ortolani, permet une évaluation plus ‘physiologique’ de la laxité articulaire
passive (figure 14). La direction des forces appliquées lors des manipulations se fait dans un axe similaire à celui retrouvé pendant la mise en charge du membre lors de la marche. L’angle est donc sujet à être influencé à la fois par la laxité articulaire et par la conformation osseuse de l’acétabule.
Interprétation
- L’absence du signe d’Ortolani chez un chien de 6 mois = faible probabilité d’arthrose à l’âge adulte.
- La présence du signe d’Ortolani chez un chien de moins de
2,5 mois = forte probabilité d’arthrose à l’âge adulte.
- Les risques d’arthrose éventuel sont minimes lorsque l’angle de réduction mesuré à 6 mois est inférieur à 10 degrés.
- Les probabilités d’arthrose augmentent avec l’angle donc, plus l’angle est élevé plus les risques sont élevés.
Conclusion
Patients à faible risque :
- Index de laxité inférieur à 0,3
- Pente acétabulaire inférieur à 5,5°
- Signe d’Ortolani à 6 mois d’âge :
- Négatif
- Positif avec un angle de réduction inférieur à 10 degrés
Patients à haut risque :
- Ventrodorsale en extension du bassin :
importante incongruité articulaire avec acétabule de forme anormale (ouvert, discret)
- Index de laxité supérieur à 0,7
- Pente acétabulaire supérieure à 10
degrés
- Angle de réduction supérieur à
25 degrés
Choix d’un sujet reproducteur
Le but ultime visé lors du choix des sujets reproducteurs est l’élimination, comme reproducteur, des sujets porteurs d’un génotype anormal. Aucun test ne permet actuellement d’identifier les sujets de génotype normal ou anormal. Le choix se fait donc, depuis toujours, par l’évaluation du phénotype et ce, via différentes procédures radiologiques. Le danger d’une telle méthode de sélection est l’utilisation de reproducteurs de phénotype normal mais de génotype anormal. Ceci explique en
partie, malgré une sélection rigoureuse des reproducteurs, l’incidence encore élevée de dysplasie de la hanche chez plusieurs races de chien. Deux méthodes sont présentement utilisées.
Ventrodorsale en extension du bassin OFA) : (Figure 21)
C’est, depuis plusieurs années, la méthode de sélection la plus utilisée. Elle cherche à mettre en évidence une incongruité coxofémorale exagérée et/ou la présence de lésions d’arthrose acétabulaire ou fémorale. En fonction de l’apparence des
hanches, l’animal est déclaré
candidat ou non à la reproduction.
Classification de la conformation du bassin selon l’O.F.A. (site
web. www.ofa.org)
O.F.A. : Orthopedic Foundation for Animals : est un organisme fondé en 1966 et dont le but premier est de conseiller, d’encourager et d’établir des programmes de contrôle pour diminuer la prévalence des maladies orthopédiques. On soumet les radiographies à
l’O.F.A. pour une seule raison : la reproduction. Les radiologistes de
l’O.F.A. évaluent la radiographie (ventrodorsale en extension du bassin) et classifient l’état de la hanche en fonction des lésions observées. Cette classification en 7 grades détermine s’il y a oui ou non dysplasie de la hanche, et en précise la
sévérité.(Figure
47
pdf)
Classification de L'OFA
- BASSIN NORMAL :
- Conformation excellente
- Conformation bonne
- Conformation passable
- Conformation douteuse
- BASSIN DYSPLASIQUE :
- Dysplasie minimale
- Dysplasie modérée
- Dysplasie sévère
L’éleveur reçoit une évaluation qui certifie que son animal est
non dysplasique (excellent, bon ou passable) ou dysplasique (minimale, modérée ou sévère). Les sujets exempts de dysplasie de la hanche peuvent être utilisés pour la reproduction. (Figure
48)(Figure 49)
Un diagnostic de dysplasie de la hanche peut être posé en tout temps alors qu’une certification d’exemption de dysplasie de la hanche ne peut être effectué avant l’âge de 2 ans.
Cette technique a par contre ses limites :
- Elle n’évalue que le phénotype de l’animal.
- L’évaluation est subjective, donc sujette à des divergences d’opinions
particulièrement pour les cas considérés de, conformation
"normale-passable" à "dysplasique-minimale".
- Elle est peu sensible pour la
détection de la laxité coxofémorale.
- La certification d’exemption de la dysplasie de la hanche s’obtient à partir de l’âge de deux ans alors qu’une proportion non négligeable de chiens développent des lésions d’arthrose après cet
âge (faux négatifs).
- L’arthrose coxofémorale n’est pas nécessairement
associée à la dysplasie de la hanche.
Ventrodorsale du bassin avec stress latéral
(PennHIP): (Figure 40)
(www.vet.upenn.edu/Research/Centers/pennhip//)
C’est la technique de choix pour mettre en évidence l’ampleur de la laxité articulaire. Cette laxité articulaire est considérée comme un facteur prédisposant majeur au développement d’arthrose
coxofémorale. La laxité articulaire, telle que calculée à partir de cette méthode radiologique, serait le caractère phénotypique avec la plus grande héritabilité (la fiabilité du phénotype à prédire le génotype). En d’autres mots, l’index de laxité d’un patient, mesuré à partir de la ventrodorsale avec stress articulaire latéral, serait un bon reflet de son bagage génétique.
(Figure 43)
En sélectionnant, de génération en génération, les sujets reproducteurs avec le moins de laxité articulaire
coxofémorale, on diminue progressivement l’ampleur de cette laxité d’une génération à l’autre et on diminue ainsi le pourcentage de chiens à risque de développer des lésions d’arthrose
coxofémorale.
PennHIP est l’organisme à l’origine de cette méthode radiologique. Ils analysent les clichés radiologiques et maintiennent une banque de donnée incluant tous les index de laxité calculés jusqu’à aujourd’hui. Ainsi, l’index de laxité de chaque animal est calculé et comparé à celui des chiens de sa race (banque de données) et on lui attribue un rang centile. On recommande de reproduire les meilleurs sujets de la race, soit les meilleurs 50%. Aucune
certification n’est émise par cet
organisme.(Figure
44)
Recommandations dans le choix des sujets reproducteurs:
Idéalement, chaque candidat potentiel à la reproduction devrait subir les deux méthodes radiologiques ci-haut mentionnées.
- Choisir des sujets avec une conformation jugée bonne ou excellente selon les critères de l’OFA.
- Choisir des sujets dont l’index de laxité les classe dans les 50% meilleurs de la race.
- Persévérer sur plusieurs générations.
Dernière
mise à jour : lundi 24 novembre 2003
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