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Dysplasie
Pathophysiologie
1- Hanche normale
L’articulation coxofémorale est formée
du col fémoral, de la tête fémorale et de l’acétabule (Figure
2). Leur stabilité ainsi que
leur bon fonctionnement sont assurés par la conformation propre de cette
articulation («ball-and-socket») et par l’effort concerté de la masse
musculaire (extenseurs, fléchisseurs, adducteurs, abducteurs et
rotateurs), de la capsule articulaire et du ligament de la tête du fémur
(Figure 3).
Lorsque le membre est mis en charge (appui) il y a transmission des forces
du fémur vers le bassin par le biais de la tête fémorale et de l’acétabule.
Il y aura répartition des forces et des stress au niveau de la surface
articulaire coxofémorale chez le chien normal. Le cartilage articulaire
assure l’absorption des chocs et leur transfert vers l’os
sous-chondral tout en permettant un ‘glissement fluide’ des surfaces
articulaires (Figure 4).
2- Hanche dysplasique
Le chiot génétiquement prédisposé
à la dysplasie de la hanche naît avec des hanches normales. Avec la
croissance, apparaissent des changements pathologiques qui mèneront, à
plus ou moins long terme, à une dégénérescence articulaire.
Dès le bas âge, on note l’apparition d’une laxité articulaire (étirement
capsulaire et ligamentaire coxofémoral) chez la majorité des chiens
dysplasiques (Figure
5).
La laxité articulaire coxofémorale est un facteur prédisposant
significatif dans le développement de la dysplasie de la hanche. Elle
représente le début de la cascade de tous les évènements qui mèneront
à la dégénérescence articulaire (Figure
6).
La cause exacte de cette laxité articulaire n’est, par contre, pas
encore définie (primaire ou secondaire). Plus encore, il n’est pas
expliqué pourquoi certains chiens, démontrant une laxité importante en
jeune âge, ne développent jamais d’arthrose alors que d’autres, avec
moins de laxité, évoluent vers la dégénérescence coxofémorale.
L’hypothèse la plus vraisemblable qui pourrait expliquer ce phénomène
fait mention de deux différents types de laxité articulaire; la laxité
passive et la laxité dynamique ou fonctionnelle :
Laxité passive (Figure
7a) : C’est un mouvement anormal
(subluxation) de la tête fémorale par rapport à l’acétabule mis en
évidence lorsque la masse musculaire de la hanche est au repos (ex :
patient sous anesthésie générale). La mise en évidence d’une laxité
passive au niveau de la hanche ne signifie pas automatiquement le développement
d’arthrose. En règle générale, plus la laxité coxofémorale passive
est importante, plus grandes seront les chances que cette hanche se développe
anormalement. L’inverse est aussi vrai, plus la hanche est stable,
meilleures seront ses chances de se développer normalement. Elle se
mesure facilement (palpation, PennHIP).
Laxité dynamique (Figure
7b): C’est un mouvement anormal
de la tête fémorale par rapport à l’acétabule (subluxation dorsolatérale)
lorsque le membre est mis en charge (appui, marche, trot, course…). La
laxité coxofémorale dynamique aura pour conséquence une répartition
anormale des forces entre le fémur et l’acétabule et une concentration
subséquente des stress à certains points focaux de la surface
articulaire .
Il y aura simultanément étirement progressif de la capsule articulaire
et du ligament de la tête fémorale. Le cartilage articulaire subit des
changements pathologiques irréversibles et perd sa capacité
d’absorption des chocs. Le processus d’arthrose est enclenché.
Le remodelage progressif de la tête fémorale, de l’acétabule et de la
capsule articulaire aura pour conséquence de diminuer et éventuellement
d’éliminer toute évidence de laxité articulaire. Il y aura alors une
restriction graduelle de l’amplitude de mouvement de l’articulation
coxofémorale .
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