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Réseau canadien de recherche sur la mammite bovine
 

Tout sur la mammite I ABC de la mammite

Streptocoques Environnementaux Bactéries Coliformes I Environnement I Contrôle

Un regard pratique sur la mammite environnementale

Les bactéries qui sont le plus fréquemment responsables des cas de mammite se divisent en deux grands groupes en fonction de leur source : les contagieux et les environnementaux. Les principaux agents pathogènes contagieux sont Streptococcus agalactiae, Staphylococcus aureus et le genre Mycoplasma. Les principaux agents pathogènes environnementaux comprennent deux types de bactéries : les bactéries coliformes et les espèces de streptocoques autres que Strep. agalactiae. On appelle ces autres streptocoques les «streptocoques environnementaux».

Le milieu dans lequel la vache évolue constitue la principale source d’agents pathogènes environnementaux. Cependant, les sources de la mammite contagieuse sont les vaches infectées et la transmission se fait d’une vache à l’autre. Par conséquent, les méthodes de contrôle élaborées pour lutter contre les agents pathogènes contagieux ne sont pas efficaces contre les agents pathogènes environnementaux.

 Streptocoques environnementaux

Détection par cultures du lait
On peut déceler de manière fiable la présence de streptocoques environnementaux par des cultures sur plaque de 0,01 mL de lait des quartiers infectés sur une gélose au sang et esculine. Le lait de quartiers infectés contient habituellement plus de 100 bactéries souches (cfu) par mL.

Taux d’infections intramammaires
Le taux de nouvelles infections intramammaires (le nombre de nouvelles infections par jour/vache) est plus élevé durant la période de tarissement que durant la lactation. En l’absence de traitement, le taux augmente radicalement durant les deux premières semaines du tarissement et encore durant les deux semaines précédant le vêlage. Avec chaque période de tarissement successive, le taux d’infections intramammaires augmente durant cette période.
 
Durant les 75 premiers jours suivant le vêlage, le taux d’infection est plus élevé que pendant tout le reste de la période de lactation. Le taux d’infections à streptocoques augmente progressivement à mesure que le nombre de lactations augmente.
 
Durée
Environ 60 % des infections intramammaires à streptocoques sont présentes pendant moins de 30 jours, mais environ 18 % deviennent chroniques et persistent pendant plus de 100 jours. Environ 40 % des infections présentes durant la lactation sont éliminées spontanément.
 
Prévalence
Le pourcentage de quartiers infectés par des streptocoques environnementaux à un point quelconque dans le temps est généralement faible et dépasse rarement 10 %.
 
Méthodes de surveillance du troupeau
L’impact de la mammite environnementale à streptocoque peut être évalué par la culture bactériologique du lait de vaches fraîches, de vaches en voie de tarissement et de quartiers présentant des signes cliniques d’infection. Le comptage des cellules somatiques individuels et du troupeau représentent des moyens de surveillance moins efficaces.
 
Les cultures bactériennes et le comptage des cellules somatiques de lait en vrac peuvent être poussés à la hausse par les infections intramammaires causées par les streptocoques environnementaux. Toutefois, l’impact des streptocoques environnementaux dans un troupeau laitier ne peut être évalué avec fiabilité par de telles mesures. 
 
Bactéries coliformes

Les bactéries coliformes qui causent la mammite incluent notamment Escherichia coli, Klebsiella pneumoniae, Klebsiella oxytoca et Enterobacter aerogenes.
 
Détection par cultures du lait
On ne peut déceler de manière fiable la présence de coliformes avec la culture par stries de 0,01 mL de lait des quartiers infectés sur gélose au sang et esculine. Le nombre de bactéries souches (cfu) par mL est souvent inférieur à 100 ou inférieur à la limite de détection de cette méthode d’analyse. La culture par stries de 0,01 mL de lait sur gélose au sang et esculine et 0,1 mL sur la moitié d’une gélose de MacConkey facilite le diagnostic.
 
Taux d’infections intramammaires
Le taux d’infections intramammaires à coliformes est environ quatre fois plus élevé durant la période de tarissement que durant la lactation. Le taux est nettement plus élevé durant les deux premières semaines du tarissement de même que pendant les deux semaines précédant le vêlage. Le taux augmente avec chaque période de tarissement subséquente.
 
Le taux d’infections intramammaires est le plus élevé vers le début de la lactation et diminue à mesure que la lactation progresse. Le taux augmente avec chaque lactation successive.
 
Durée
Les infections intramammaires à coliformes ont tendance à être de courte durée. Plus de 50 % durent moins de 10 jours et près de 70 % durent moins de 30 jours. Les infections à coliformes peuvent devenir chroniques. On a constaté que 13 % d’entre elles avaient persisté pendant plus de 100 jours. Toutefois, seulement 1,5 % des infections à E. coli ont duré plus de 100 jours.
 
Prévalence
Le pourcentage de quartiers infectés à un point quelconque dans le temps est généralement très faible. Habituellement, 1 % ou moins des quartiers sont infectés, mais les coliformes peuvent causer de 30 à 40 % des cas de mammite clinique.
 
Méthodes de surveillance du troupeau
Des dossiers précis sur les nouveaux cas de mammite clinique combinés à des cultures de lait des quartiers présentant des signes cliniques d’infection contribuent à évaluer l’impact de la mammite à coliformes.
 
Cet impact ne peut être évalué de manière fiable par le comptage des cellules somatiques du lait en vrac ou de vaches individuelles, ni par les cultures portant sur l’ensemble du troupeau, une sous-population de vaches ou encore du lait en vrac.
 
Environnement
 
Les vaches en stabulation courent un plus grand risque de mammite environnementale que les vaches au pâturage. Les sources d’agents pathogènes environnementaux comprennent notamment le fumier, la litière, les aliments, la poussière, la saleté, la boue et l’eau.
 
Les matériaux utilisés comme litière représentent une source importante d’agents pathogènes environnementaux auxquels l’extrémité des trayons est exposée. La quantité de bactéries qui se trouvent dans la litière dépend de la contamination (et par conséquent, de la disponibilité des nutriments), de l’humidité et de la température. Les matériaux inorganiques à faible humidité comme le sable ou la chaux sont préférables aux matériaux organiques hachés fins. En général, les matériaux plus secs sont associés à de moins grandes quantités d’agents pathogènes. Les températures plus chaudes favorisent la croissance des bactéries et inversement, les températures plus basses ont tendance à en réduire la croissance.
 
Les matériaux organiques hachés fins servant de litière, comme le bran de scie, les copeaux de bois, le fumier recyclé, les épis de maïs granulés, le son d’arachide et la paille hachée, contiennent fréquemment des concentrations très élevées de coliformes et de streptocoques. Dans le cas de la paille longue et propre, les coliformes sont généralement peu nombreux, mais les populations de streptocoques environnementaux peuvent être élevées. Les tentatives de réduction des concentrations de coliformes par l’application de désinfectants chimiques ou de chaux ne s’avèrent habituellement pas pratiques puisqu’elles nécessitent des applications fréquentes, voire même quotidiennes, pour l’obtention de résultats. Il a été démontré que le remplacement complet quotidien de la litière organique dans le dernier tiers des stalles permettait de réduire l’exposition de l’extrémité des trayons aux coliformes.
 
Parmi les conditions environnementales pouvant hausser l’exposition, on peut citer : le surpeuplement; la mauvaise ventilation; l’enlèvement inadéquat du fumier à l’arrière des stalles, dans les allées, les aires d’affourragement et les aires d’exercice; le mauvais entretien des logettes (fond évidé); l’accès aux étangs de la ferme ou à des aires d’exercice boueuses; des stalles ou des aires de vêlage souillées; et un état général de malpropreté et de mauvaise hygiène.
  
Contrôle
 
On peut maîtriser la mammite environnementale en diminuant l’exposition de l’extrémité des trayons aux agents pathogènes potentiels ou en accroissant la résistance de la vache aux agents pathogènes provoquant la mammite.
 
Trempage des trayons
  • Solutions de trempage germicides
    Il est recommandé de procéder au trempage des trayons dans une solution germicide après la traite. Cela permet d’exercer un certain contrôle des streptocoques environnementaux, sans toutefois avoir d’effet sur les infections intramammaires à coliformes.
     
  • Solutions de trempage filmogènes
    On a signalé que le recours au trempage des trayons dans une solution filmogène après la traite réduisait les nouvelles infections intramammaires à coliformes. L’efficacité de ces produits contre les streptocoques environnementaux et les agents pathogènes contagieux semble toutefois être inférieure à celle des solutions germicides.
     
  • Tarissement
    Les tentatives faites pour maîtriser la mammite environnementale durant la période sèche en utilisant des solutions germicides ou filmogènes conçues pour l’usage durant la lactation ont échoué. De récentes études de recherche sur des produits filmogènes persistants (durée de 2 à 5 jours) appliqués durant la période sèche semblent prometteuses à l’égard de la maîtrise des infections environnementales.
Traitement des vaches taries
Il est recommandé de traiter tous les quartiers de toutes les vaches taries. Le traitement des vaches taries réduit les nouvelles infections causées par les streptocoques environnementaux au début du tarissement, mais pas durant la période d’une ou deux semaines qui précède le vêlage. Le traitement des vaches taries ne permet pas de maîtriser les infections à coliformes. La réinfusion d’antibiotiques durant la dernière portion de la période sèche semble ne fournir que peu ou pas de résultats.
 
Traitement des vaches en lactation
Les taux de guérison suivant l’administration d’un traitement durant la lactation oscillent généralement entre 50 et 60 % dans le cas des streptocoques environnementaux. Les antibiotiques homologués pour l’usage durant la lactation sont tous inefficaces contre les coliformes, mais les taux de guérison semblent atteindre jusqu’à 50 % en raison de la courte durée des infections.
 
« Backflushing »
Le « backflushing » de la trayeuse ne permet pas de maîtriser la mammite environnementale.
 
Fonctionnement de la trayeuse
Le mauvais fonctionnement des trayeuses, entraînant de fréquents glissements des manchons-trayeurs et le phénomène d’impact, peut faire augmenter le nombre de cas de mammite environnementale.
 
Préparation du pis
La traite de vaches dont le pis et les trayons ne sont pas secs augmente vraisemblablement l’incidence de la mammite environnementale. Les trayons doivent être propres et secs avant la pose de la trayeuse. Il est recommandé de procéder au lavage des trayons, et non du pis.
 
Prétrempage
Le prétrempage des trayons dans une solution germicide réduit le nombre de nouveaux cas de mammite environnementale durant la lactation. Il faut faire preuve d’une extrême prudence et veiller à ce que la solution de prétrempage soit entièrement éliminée des trayons avant de procéder à la pose de la trayeuse afin de ne pas contaminer le lait.
 
Vaccination
L’immunisation des vaches durant la période tarissement avec une souche J5 d’Escherichia coli peut réduire le nombre et la gravité des infections cliniques à coliformes au début de la période de lactation.
 
Régime alimentaire
Des carences en vitamine A, en vitamine E, en bêta-carotène ou en oligo-éléments comme le sélénium, le cuivre et le zinc entraînent une augmentation de l’incidence de la mammite environnementale.
 
Régie du milieu
L’environnement du troupeau doit être aussi sec et aussi propre que possible. L’environnement des vaches taries, des vaches sur le point de vêler et des vaches fraîches est aussi important que celui des vaches en lactation.

Tiré partiellement de : A Practical Look at Environmental Mastitis. J.S. Hogan and K.L. Smith, Compendium on Continuing Education for the Practicing Veterinarian, Volume 9, n° 10, 1987, p. F342 (National Mastitis Council Factsheet, Révision 10/97) Source: www.nmconline.org Traduit par le Réseau canadien de recherche sur la mammite bovine – www.reseaumammite.org





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