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Réseau canadien de recherche sur la mammite bovine
 

Tout sur la mammite I Traitement et antibiorésistance

Guérison et protection I Une décision réfléchie 

Est-il préférable de traiter toutes les vaches au tarissement?

Quelles vaches ont besoin d’être traitées et quelles vaches ont besoin de mesures de prévention, sans avoir à procéder à des cultures pour chaque vache juste avant le tarissement. Il n’existe pas encore de réponse scientifique à cette question, mais vous disposez de beaucoup de renseignements facilement accessibles - CCS de la vache tout au long de la lactation, antécédents de mammite clinique, résultats des cultures précédentes et peut-être même le résultat d’un test CMT avant le tarissement. Considérés un à un, aucun de ces éléments ne peut répondre seul à la question...

Lorsque les antibiotiques à action prolongée ont été utilisés dans des préparations intramammaires il y a 50 ans, les recommandations d’usage consistaient à traiter tous les quartiers de toutes les vaches au moment du tarissement. Le tarissement représentait alors, et c’est toujours vrai aujourd’hui, la période la mieux indiquée pour administrer des antibiotiques sur une période prolongée tout en réduisant les craintes liées à la présence de résidus d’antibiotiques. De plus, il y a 50 ans, les causes les plus courantes de la mammite étaient les streptocoques et les staphylocoques. Les choses ont bien changé depuis. Par exemple, Streptococcus agalactiae peut facilement être éradiqué et cette bactérie n’est pratiquement jamais incluse dans les cultures faites sur les échantillons de routine. On perçoit une inquiétude grandissante dans l’industrie et au sein du public à l’égard des résidus d’antibiotiques et de la résistance aux antibiotiques issue de l’usage routinier de ces produits chez les animaux destinés à la consommation. Cela dit, traiter les vaches au tarissement demeure un élément important de tout programme complet de régie et de santé du pis. La véritable question devient alors : faut-il traiter toutes les vaches ou peut-on se contenter de traiter seulement les vaches qui sont infectées ou qui courent un plus grand risque de contracter la mammite? Il vaut probablement mieux privilégier la seconde solution.
 
Guérison et protection

Le but recherché durant le tarissement consiste à avoir aussi peu de quartiers infectés que possible au moment du vêlage. Pour atteindre ce but, deux choses doivent se produire. Tous les quartiers infectés au début du tarissement doivent guérir durant le tarissement et les quartiers non infectés doivent être protégés contre de nouvelles infections. Les antibiotiques demeurent la seule méthode fiable et éprouvée pour guérir la mammite durant le tarissement. Certaines infections sont beaucoup plus faciles à éliminer que d’autres, et elles ne vont certainement pas toutes être guéries (songez à Staph. aureus !). Toutefois, un quartier infecté, ou même un quartier non infecté chez la même vache, risque davantage d’être toujours infecté lors du vêlage si la vache n’a pas reçu de traitement antibiotique au tarissement. La guérison spontanée (guérison sans traitement) peut survenir, mais de manière trop imprévisible pour chercher à l’intégrer à un programme de régie.

Il existe des solutions de rechange aux antibiotiques permettant de prévenir l’infection des quartiers non infectés. Les scellants internes à trayons représentent sans doute la solution la plus remarquable, car ils se sont montrés aussi efficaces que les antibiotiques pour la prévention et la réduction de la mammite à la lactation suivante. Utilisés et injectés correctement, les scellants devraient empêcher les bactéries de pénétrer dans le quartier pendant toute la période du tarissement. Les antibiotiques pour le traitement des vaches taries actuellement sur le marché ne sont pas efficaces contre toutes les bactéries et leur effet ne dure pas toute la période de tarissement.

Une décision réfléchie
 
Il faut donc décider quelles vaches ont besoin d’être traitées et quelles vaches ont besoin de mesures de prévention, sans avoir à procéder à des cultures pour chaque vache juste avant le tarissement. Il n’existe pas encore de réponse scientifique à cette question, mais vous disposez de beaucoup de renseignements facilement accessibles. Tenez compte du CCS de la vache tout au long de la lactation, des antécédents de mammite clinique, des résultats des cultures précédentes et peut-être même le résultat d’un test CMT avant le tarissement. Considérés un à un, aucun de ces éléments ne peut répondre seul à la question. Certains producteurs qui cherchent à appliquer un traitement sélectif des vaches taries et certains producteurs qui œuvrent en agriculture biologique ont déjà fait beaucoup d’essais-erreurs et expérimenté par eux-mêmes.

Il est donc certainement préférable de traiter toutes les vaches infectées au tarissement. Si vous êtes en mesure d’établir, de concert avec un vétérinaire ou un autre professionnel, quelles vaches sont vraisemblablement exemptes d’infection ou courent peu de risque d’infection, vous pouvez alors concentrer vos efforts sur la prévention et atteindre le même but. Dans ce cas, il est recommandé d’utiliser des moyens comme les scellants internes à trayons plutôt que de ne pas intervenir du tout, puisque les vaches non traitées et non protégées présentent un risque élevé d’acquérir de nouvelles infections durant la période de tarissement.
 
Source : Dr Randy T. Dingwell, DVM, DVSc., Holdrege Veterinary Clinic, Holdrege, Loomis, Nebraska. 2007.

 





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